Archive | septembre, 2012

L’innocence des coptes d’Egypte

20 Sep l'innocence des coptes d'Egypte

Sans s’étendre sur son contenu et ses répercussions, le film Innoncense of Muslim, attribué à un californien d’origine copte, lève le voile sur cette communauté égyptienne aussi importante que discrète. Comment les coptes vivent le printemps arabe égytpien, quel rôle y jouent-ils, en ont-ils un d’ailleurs et de quel côté se rangent-ils ?

Le peuple des pharaons

Malgré le silence de l’état égytpien à ce sujet on estime que plus de 10 millions de coptes vivent aujourd’hui en Egypte. Ce sont les descendants directs des Egytpiens de l’époque pharaonique auxquels se sont mêlés au fil des invasions, Grecs puis Romains. Rapidement christianisés dès les premiers siècles de notre ère, les coptes subissent de plein fouet la conquête arabe en 639 et doivent rapidement se soumettre aux envahisseurs. Depuis cette invasion, les coptes sont devenus les serviteurs des musulmans, considéré par ces derniers comme des individus de second rang. Cet asservissement plusieurs fois séculaire fût néanmoins entrecoupé d’épisodes heureux où coptes et musulmans ont réussi à vivre dans un respect mutuel.

Le retour des jours sombres

A la fin des années 2000, l’animosité ancestrale d’une partie des musulmans envers les coptes resurgit brutalement. Le racisme et les discriminations prirent à nouveau le dessus et s’emparèrent de foules entières. Les premiers pogroms apparaissent fin 1999 et se multiplient tout au long des années 2000 avec une intensité croissante, sans que les forces de police ne cherche réellement à s’interposer entre agresseurs et agressés. Des coptes sont mis en prison pour des motifs obscures alors que leurs filles sont enlevées puis violées sans que leur tortionaires ne soient inquiétés par les autorités. Mais pendant la révolution, les haineux se sont trouvés d’autres boucs émissaires, et les coptes, bien heureux de retrouver un peu de tranquillité à  l’ombre de ces événements, n’ont pour la plupart pas participé activement aux manifestations.

Au chevet de la révolution

D’une certaine manière, la révolution en Egypte a profité et profite toujours aux coptes . Alors aujourd’hui, lorsque la rue excitée par les fondamentalistes s’embrase à nouveau à cause d’un film stupide, ce sont les Coptes eux-mêmes qui cherchent à calmer le jeu pour préserver la paix relative qui s’est installé en Egypte entre coptes et musulmans ces derniers mois. Ainsi, le Pape par intérim de l’Eglise copte, Anba Pachomios, a dénoncé le film le propos du film Innocence of Mueslim : « Laissez-nous en paix, nous sommes capables de vivre sous la protection et avec l’amour des Musulmans », a-t-il notamment déclaré. Cette candeur peut surprendre quand on sait la violence séculaire qui a dicté les rapports entre coptes et musulmans au fil des siècles, mais dans cette région du monde où les susceptibilités sont extraordinaires, elle est aussi la marque de l’intelligence politique millénaire de cette antique communauté.

JR.

Sources :

– ZAKI, Magdi Sami, Histoire des coptes d’Egypte, éditions de Paris, Paris, 2005.
– ZIBAWI, Mahmoud, Les coptes, L’église du peule des pharaons, La Table Ronde, Paris, 2006.
– http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120914.OBS2406/egypte-les-coptes-entre-indifference-et-angoisse.html
– http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=14434

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Des canaux d’irrigation sur Mars

1 Sep

Le robot Curiosity envoyé sur Mars cet été va-t-il enfin détecter des traces de vies ? On connaît l’existence de la  planète rouge depuis l’Antiquité, mais le fantasme qui voudrait en faire une planète habitée est finalement très récent à l’échelle de l’humanité.

Une autre Terre se dévoile aux hommes

L’astronomie fait un bon au 18ème siècle grâce aux travaux de William Herschel, un musicien originaire de Hanovre et installé à Bath en Angleterre. Dans les années 1770, il se passionne pour la conception de lunettes astronomiques. Il fait tout lui-même. Sa pauvre sœur avec qui il vit voit chaque pièce de leur petite maison se transformer peu à peu en atelier spécialisé. Une petite fonderie trône même au milieu du salon. Ces travaux titanesques finissent néanmoins par faire la fortune de la famille. De nobles et curieux visiteurs se pressent chez les Herschel pour observer les reliefs de la Lune et les annaux de Saturne depuis le gigantesque télescope installé dans le jardin (un mètre de large pour 12 mètre de long !). Alors que les têtes tombent à Paris, Herschel garde la sienne dans les étoiles et poursuit ses travaux sans se soucier de la Révolution Française. Il améliore ses instruments et croit finir par deviner sur Mars des forêts, des nuages et des océans.

La découverte d’un système d’irrigation complexe

Quelques décennies plus tard, les travaux d’Herschel couplée à l’apparition de la photographie vont populariser l’astronomie. A la fin des années 1870,  un astronome milanais, Giovanni Virgilio Schiaparelli, entreprend de répertorier l’ensemble du relief martien grâce à l’amélioration des techniques des optiques. Il découvre la présence d’étranges canaux dans les plaines. Grâce à la photo, contempler les détails de la surface de Mars n’est plus un privilège laissé aux seuls astronomes et à quelques amateurs fortunés. Le monde est alors pris d’une folle vague martienne. L’idée d’une vie extraterrestre sur Mars n’a jamais été aussi crédible. Inspiré par les travaux de Schiaparelli, un richissime américain, Percival Lowell, consacre sa fortune à la construction d’un observatoire ultra moderne. Il est persuadé que les canaux découvert par Sciaparelli sont les traces d’un système d’irrigation complexe, qui n’a pu être élaboré que par une civilisation intelligente et organisée.

Le mythe persiste malgré les déceptions

Bien que Lowell n’ait jamais pu observer de petits hommes verts au bout de son télescope, les travaux qu’il publie en 1906 et 1908 rencontrent un grand succès, aussi bien chez les amateurs que chez les scientifiques. Mais quelques années plus tard, un astronome d’origine grecque installé en France, Eugène Antoniadi, démontre que l’observation de ces soi-disant canaux est le résultat d’une illusion d’optique engendrée par les perturbations de l’atmosphère terrestre. Entre-temps, de nouvelles mesures attestent que la température et l’atmosphère qui règnent à la surface de Mars ne sont pas compatible avec l’existence d’une quelconque civilisation. On continua cependant à penser jusque dans les années 50 qu’il y avait peut-être des formes de végétations sur la planète rouge, mais on s’aperçut finalement qu’il ne s’agissait que de formations minéralogiques. Malgré les nombreuses déceptions qu’on fait naître les découvertes du 20ème siècle, le fantasme de la vie sur Mars est toujours bien présent et se réveille à chaque fois qu’une nouvelle mission est envoyée vers la planète rouge.

J.R.

Sources:

– Alain GIRAUD-RUBY, Le ciel dans la tête, une histoire de l’astronomie, Actes Sud, Paris, 2010.
– Bernard MAITTE, Cosmos, une histoire des représentations de l’univers, Alias, Paris, 1994.

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