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Des canaux d’irrigation sur Mars

1 Sep

Le robot Curiosity envoyé sur Mars cet été va-t-il enfin détecter des traces de vies ? On connaît l’existence de la  planète rouge depuis l’Antiquité, mais le fantasme qui voudrait en faire une planète habitée est finalement très récent à l’échelle de l’humanité.

Une autre Terre se dévoile aux hommes

L’astronomie fait un bon au 18ème siècle grâce aux travaux de William Herschel, un musicien originaire de Hanovre et installé à Bath en Angleterre. Dans les années 1770, il se passionne pour la conception de lunettes astronomiques. Il fait tout lui-même. Sa pauvre sœur avec qui il vit voit chaque pièce de leur petite maison se transformer peu à peu en atelier spécialisé. Une petite fonderie trône même au milieu du salon. Ces travaux titanesques finissent néanmoins par faire la fortune de la famille. De nobles et curieux visiteurs se pressent chez les Herschel pour observer les reliefs de la Lune et les annaux de Saturne depuis le gigantesque télescope installé dans le jardin (un mètre de large pour 12 mètre de long !). Alors que les têtes tombent à Paris, Herschel garde la sienne dans les étoiles et poursuit ses travaux sans se soucier de la Révolution Française. Il améliore ses instruments et croit finir par deviner sur Mars des forêts, des nuages et des océans.

La découverte d’un système d’irrigation complexe

Quelques décennies plus tard, les travaux d’Herschel couplée à l’apparition de la photographie vont populariser l’astronomie. A la fin des années 1870,  un astronome milanais, Giovanni Virgilio Schiaparelli, entreprend de répertorier l’ensemble du relief martien grâce à l’amélioration des techniques des optiques. Il découvre la présence d’étranges canaux dans les plaines. Grâce à la photo, contempler les détails de la surface de Mars n’est plus un privilège laissé aux seuls astronomes et à quelques amateurs fortunés. Le monde est alors pris d’une folle vague martienne. L’idée d’une vie extraterrestre sur Mars n’a jamais été aussi crédible. Inspiré par les travaux de Schiaparelli, un richissime américain, Percival Lowell, consacre sa fortune à la construction d’un observatoire ultra moderne. Il est persuadé que les canaux découvert par Sciaparelli sont les traces d’un système d’irrigation complexe, qui n’a pu être élaboré que par une civilisation intelligente et organisée.

Le mythe persiste malgré les déceptions

Bien que Lowell n’ait jamais pu observer de petits hommes verts au bout de son télescope, les travaux qu’il publie en 1906 et 1908 rencontrent un grand succès, aussi bien chez les amateurs que chez les scientifiques. Mais quelques années plus tard, un astronome d’origine grecque installé en France, Eugène Antoniadi, démontre que l’observation de ces soi-disant canaux est le résultat d’une illusion d’optique engendrée par les perturbations de l’atmosphère terrestre. Entre-temps, de nouvelles mesures attestent que la température et l’atmosphère qui règnent à la surface de Mars ne sont pas compatible avec l’existence d’une quelconque civilisation. On continua cependant à penser jusque dans les années 50 qu’il y avait peut-être des formes de végétations sur la planète rouge, mais on s’aperçut finalement qu’il ne s’agissait que de formations minéralogiques. Malgré les nombreuses déceptions qu’on fait naître les découvertes du 20ème siècle, le fantasme de la vie sur Mars est toujours bien présent et se réveille à chaque fois qu’une nouvelle mission est envoyée vers la planète rouge.

J.R.

Sources:

– Alain GIRAUD-RUBY, Le ciel dans la tête, une histoire de l’astronomie, Actes Sud, Paris, 2010.
– Bernard MAITTE, Cosmos, une histoire des représentations de l’univers, Alias, Paris, 1994.

Le jour où l’homme découvrit la Lune

15 Août

 Depuis l’Antiquité, les hommes regardaient le ciel et ses constellations sans voir autre chose dans les astres que des petites lumières allumées au dessus de leurs têtes. Mais à la fin du 16ème  siècle, le progrès des lunettes astronomiques va bouleverser la vision qu’avaient les hommes de l’univers et de leur petite planète.

Le système solaire dévoilé par Galilée

Une nuit de l’automne 1609, Galilée braque pour la première fois sa lunette d’invention hollandaise en direction de la Lune. Il a passé plusieurs semaines à l’améliorer et cette nuit il y voit enfin à peu près clair. Le spectacle qu’il observe dans son télescope de fortune le bouleverse : des montagnes, des cratères, des plaines accidentées ! La Lune n’est donc pas l’astre parfait, totalement lisse et sans aspérité que l’on imaginait alors. En balayant la voute céleste il est pris de vertige en distinguant un nombre considérable d’étoiles qu’il n’avait encore jamais vu à l’œil nu. Dans cette immensité, il devine les anneaux de Saturne, observe aussi Mars, Venus, Jupiter et constatent leurs différences, leurs couleurs, leurs tâches.

Des découvertes classées « secret défense »

La terre n’est donc qu’une poussière parmi d’autres et l’univers est gigantesque, bien plus grand que personne ne l’avait jamais imaginé. Galilée a maintenant les preuves formelles de ce qui n’étaient auparavant que des hypothèses condamnées fermement par l’Eglise. Dix ans plus tôt on avait brûlé un moine défroqué qui avait osé affirmer que le Soleil n’était une simple étoile. Peu rassuré à la perspective de finir sur un bûcher, Galilée dévoile discrètement ses découvertes. Une prudence qui ne l’empêche pas à la fin de sa vie d’être obligé par le Saint-Siège d’abjurer ses thèses jugées hérétiques en cette période des guerres de religions. La Contre Réforme et son emprise idéologique entravent les avancées de l’astronomie et les observations du ciel à la lunette astronomique demeurent très confidentielles pendant quelques décennies.

L’idée d’une vie extraterrestre

Dès 1650, les guerres de religions se soldent en France par la défaite des protestants, le dogme s’assouplit et il devient de bon ton à la cour du Roi-Soleil d’observer les astres. On se met à bricoler dans les salons versaillais, des lunettes artisanales de toutes dimensions. Sur la Lune, les gentilshommes croient deviner des vallées et des continents bordés de mers. Sur Mars, l’astronome Christiaan Huygens, invité à la cour observe pour la première fois une petite tâche blanche, la calotte glaciaire nord de la planète. S’enracinent alors dans les esprits éclairés de l’époque que les planètes sont peut-être d’autres terres, habitées par d’autres civilisations, d’autres peuples. Malgré cet enthousiasme, l’intérêt pour les observations astronomiques décline rapidement en raison des faibles progrès de l’optique, mais pour la première fois dans l’histoire apparaît le concept d’une vie extraterrestre.

J.R.

Sources:

– Alain GIRAUD-RUBY, Le ciel dans la tête, une histoire de l’astronomie, Actes Sud, Paris, 2010.
– Bernard MAITTE, Cosmos, une histoire des représentations de l’univers, Alias, Paris, 1994.

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